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L’exposition Jamaica Jamaica ! de Marley aux deejays

Du 4 avril au 13 août 2017, au Philharmonie de Paris

Dernière mise à jour : mercredi 17 janvier 2018,    par: Expositions

Pourquoi et comment la petite île de la Jamaïque, découverte en 1494 par Christophe Colomb en 1494, est-elle devenue cette mythique exception dans l’histoire de la musique ?

Les racines de ce secret sont aussi nombreuses et profondes que le sont celles du jazz ou du blues. Elles plongent au temps des conquistadores espagnols, puis des Anglais, qui firent par la suite de l’île une des plate-formes de la traite négrière. Elles trouvent leurs origines dans des expressions traditionnelles datées de la colonisation des XVIIIe et XIXe siècles, et des rebellions.

L’autre approche essentielle de la musique de la Jamaïque sera de considérer qu’on ne peut la réduire à celui qui l’a tant popularisé, à l’icône planétaire et exemplaire que fut Bob Marley, première superstar issue du tiers-monde, et à son reggae.

Constatons simplement en préambule que l’île a vu naître l’un des courants musicaux majeurs de la seconde moitié du XXe siècle, mais soyons persuadés que le reggae dissimule une histoire qui va bien au-delà de la musique, et nous mène par ses sons des temps de l’esclavage à un panafricanisme. Une décolonisation par la musique ?

Méconnues du grand public, ces audacieuses inventions jadis bricolées dans les ghettos de Kingston, ont jeté, dès les années 1950 et 1960, les bases des musiques urbaines contemporaines, invitant dans le vocabulaire musical d’aujourd’hui le DJ, le sound system, le remix, le dub

Musique sacrée ou musique profane ? Rurale ou urbaine ? Bande-son pour les sages Rastas ou pour les bad boys du ghetto ?

Musique du monde, musique mondialisée, l’exposition Jamaica Jamaica ! propose de rendre compte de cette histoire relue au prisme des conflits post-coloniaux et des rencontres qui ont fait naître un mouvement unique et universel – où s’entrechoquent façon sound clash des noms tels que Bob Marley, Peter Tosh, Lee Perry, King Tubby, la Alpha Boys School, Haïlé Sélassié, Marcus Garvey, mais aussi une ribambelle de styles musicaux : burru, revival, mento, ska, rocksteady, reggae, dub, dancehall…

Réunissant objets, images et films rares débusqués auprès de collectionneurs privés ou provenant des grands musées de Jamaïque (dont la National Gallery de Kingston et le Jamaica Music Museum), des États-Unis ou de Grande-Bretagne, donnant la parole aux jeunes artistes jamaïcains, l’exposition Jamaica Jamaica ! pose surtout pour nous une ambiance, une ancienne élégance, un style. Elle rallume un art de vivre, un détachement et un coulé dont les formes ont perpétuellement su s’adapter jusqu’à nos jours.

Cette musique résonne comme un cri et un appel. Et de caisse de résonance de la colère d’un peuple, elle devient et reste ce réveil lancinant d’indépendance et ensommeillé, jaillissant bien au-delà des frontières de la Jamaïque, et se posant certainement comme la plus populaire des musiques du monde.

L’exposition Jamaica, Jamaica ! tente de faire partager cette histoire, ces images et ses sons à ses visiteurs. Mais comment peut-on attraper de tels papillons d’échos et de vibrations sans les blesser, ou pire ? Comment transmettre ces dentelles de rythmes en vagues et en crépitements ?

Yes Rasta (à droite) Trenchtown Love (à gauche). Le photographe français Patrick Cariou part à l’aventure en Jamaïque (1995-2004), découvrant les deux visages de cette île. Ainsi décide-t-il de capturer en noir et blanc la vie rurale des Rastafaris retirés dans les montagnes, et en couleur la survie au jour le jour des habitants des ghettos de Kingston, parmi les plus violents du monde.

Cette musique a souvent été accompagnée de ses propres visuels, aussi bien par un mural art (dont le street art de Danny Coxson) repérable dans les rues de la capitale Kingston, que sur les pochettes de disques. Une exubérance graphique comme signée. L’exposition en témoigne abondamment.

Le commissaire de l’exposition est Sébastien Carayol.

Jamaica Jamaica !, du 4 avril au 13 août 2017, au Philharmonie de Paris, 221 avenue Jean-Jaurès 75019 Paris, 01 44 84 44 84, Philharmoniedeparis.fr, du mardi au jeudi de 12 à 18h, vendredi de 12 à 22h, samedi et dimanche de 10 à 20h, fermé le lundi et le 1er mai. En période de vacances scolaires (du 4 au 16 avril, et du 7 juillet au 13 août) du mardi au jeudi de 10 à 18h, vendredi de 10 à 22h, samedi et dimanche de 10 à 20h, fermé le lundi.

Comptez 1 heure 30 de visite, et bien plus si affinités avec tant de musiques à entendre. Se renseigner sur le site Philharmoniedeparis.fr pour les propositions de performances, spectacle jeune public, projections, pratique instrumentale, conférence et débat.


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Vous retrouvez comme chaque année dans PARIS 2017. LES GRANDES EXPOSITIONS de A à Z les différentes expositions annoncées par leurs établissements et musées.

Frederic Leighton (1830–1896) Crenaia, the nymph of the dargle, ca. 1880 Huile sur toile 76.2x26.7 cm Colección Pérez Simón, Mexico © Arturo Piera, Musée Jacquemart-André 09/13-01/14

Dans Le CALENDRIER 2017 des grandes expositions à Paris ces mêmes expositions sont classées par dates.

Dans la série Toutes les expositions 2017-2018 dans les plus grands musées de Paris... lire également :
Au musée du Louvre, au Centre Pompidou, au Grand Palais, au musées d’Orsay et de l’Orangerie, au musée d’Art moderne de la Ville de Paris, au Jeu de Paume, au Palais de Tokyo, à la Bibliothèque nationale de France, au musée du Quai Branly, au musée des Arts décoratifs, à la Fondation Cartier pour l’art contemporain, au musée Guimet, au musée Galliera, au Petit Palais, et au Château de Versailles.

Nous nous efforçons de tenir ces articles à jour, et nous vous remercions des suggestions, précisions, ajouts et corrections que vous pourriez être amenés à apporter à ces programmes.

Nous vous indiquons chaque semaine les nouveautés, les expositions qui fermeront bientôt leurs portes, et... nos préférences, car on ne se refait pas : PARIS EXPOS HEBDO. Nouveautés / Conseils / Derniers Jours.

Vous pouvez consulter plus d’une centaine de présentations d’artistes, classées de A à Z.

Contre l’actualité artistique qui chasse ce que l’on se croyait capable de retenir, les catalogues d’expositions peuvent avoir, quand ils sont faits avec exigence, un rôle certain à jouer. Nous établissons, au fur et à mesure de leur publication, notre sélection des catalogues d’expositions 2017 de Paris, comme nous l’avons fait les années précédentes : 2016, 2015, 2014, 2013, 2012.

Nous vous proposons aussi une sélection de musées et d’expositions 2017 dans les villes françaises suivantes, que nous nous efforçons de tenir assez régulièrement à jour :
Aix-en-Provence - Albi - Les Alpilles - Angers - Angoulême - Antibes - Arles - Aubagne - Avignon - Bègles - Biarritz - Biot - Blois - Bordeaux - Bourg-en-Bresse - Brest - Cagnes-sur-Mer - Cannes - Carcassonne - Dijon - Grasse- Grenoble - Hyères - Ile-de-France : Auvers/Oise, Boulogne-Billancourt, Bussy-Saint-Martin, Chamarande, Chantilly, Châtenay-Malabry, Compiègne, Écouen, Fontainebleau, Giverny, L’Isle-Adam, Jouy-en-Josas, Malmaison, Marne-la-Vallée, Meudon, Milly-la-Forêt, Noisiel, Pantin, Pierrefitte/Seine, Poissy, Pontoise, Royaumont, Rueil-Malmaison, Saint-Cloud, Saint-Denis, Saint-Germain-en-Laye, Saint-Ouen-l’Aumône, Sceaux, Sèvres, Versailles, Vitry/Seine, Yerres - L’Isle-sur-la-Sorgue - Landerneau - Le Cannet - Le Havre - Lens - Le Rayol - Le Canadel/Mer - Les Sables-d’Olonne - Les-Saintes-Maries-de-la-Mer - Libourne - Lille : Villeneuve d’Ascq, Roubaix, Tourcoing, Croix, Graveline, Cassel, Valenciennes - L’Isle-sur-la-Sorgue - Lodève - Lyon - Marseille - Martigues - Metz - Monaco - Montauban - Montpellier - Mougins - Nantes - Narbonne - Nice - Nîmes - Nogent/Seine -Ornans - Rennes - Rodez - Rouen - Saint-Étienne - Saint-Nazaire - Saint-Paul-de-Vence - Saint-Tropez - Sérignan - Sète - Strasbourg - Toulon - Toulouse - Tours - Valence - Vallauris - Vence - Vendôme - Villeurbanne

Et juste des musées et expositions temporaires pour quelques villes étrangères : Amsterdam : Harlem, Rotterdam, La-Haye, Bois-le-Duc, - Bâle - Berlin - Bruxelles - Genève - Liège - Londres - Madrid - Milan - Monaco - Venise

André Balbo

sources : Visites, Philharmonie

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