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Napoléon en France : parcours, visites et tourisme

Le 5 mai 2021, la France célèbrera le bicentenaire de la mort de Napoléon Bonaparte. Figure historique décriée par certains et révérée par d’autres, le natif d’Ajaccio a profondément marqué l’histoire de la France, mais aussi sa géographie et même le visage de certaines de ses villes. Voici quelques suggestions de visites et promenades à faire en France sur les traces de Napoléon et de ses exploits.

Accès rapide :
Balades sur les traces du jeune Napoléon // Parcours touristique au cœur de la Campagne de France // L’Itinéraire du Vol de l’Aigle // Autres lieux remarquables

LA JEUNESSE DE NAPOLEON

Ajaccio
Avant d’être consul et empereur, figure guerrière mythique et bâtisseur inlassable, Napoléon naît dans une famille corse d’origine italienne et aux revenus modestes. Napoléon Bonaparte naît le 15 août 1769 à Ajaccio et c’est ici qu’il passe les dix premières années de sa vie avant d’être envoyée sur le continent suivre une formation militaire à Autun et Brienne.
De nombreux monuments sont consacrés à Napoléon à Ajaccio dont Le Casone, soit un monument commémoratif de Napoléon Ier sur la place d’Austerlitz. Selon la légende, le petit Bonaparte se serait parfois réfugié dans la grotte à côté.
D’autre part, la chapelle impériale érigée à la demande de Napoléon III et sise juste à côté du Palais Fesh, abrite les sépultures de ses parents, ainsi que de ses frères et sœurs.
Enfin, il ne faut pas oublier la maison dans laquelle Napoléon Bonaparte naquit et vécut jusqu’à ses dix ans et a été transformée en musée national : le Musée de la Maison Bonaparte.

L’Ecole de Brienne
Après un court passage au collège d’Autun, Napoléon Bonaparte intègre l’école militaire de Brienne, à Brienne-le-Château (Aube), une école elle-aussi depuis reconvertie en musée.
Entré à cette école peu avant ses dix ans, en avril 1779, il y resta cinq années, jusqu’au 17 octobre 1784 et plus tard, ce sera au tour de son frère Lucien d’y être admis.
Lorsque, début 1814, la ville fut réduite en cendres par un incendie consécutif à une bataille contre les Prusses, Napoléon promit de rebâtir la ville.


QUELQUES GRANDES BATAILLES NAPOLEONNIENNES EN FRANCE

Siège de Toulon
Le siège de Toulon est l’un des premiers grands succès militaires de la carrière de Napoléon Bonaparte. Il se déroule de septembre à décembre 1793, entre les royalistes alliés aux Britanniques et qui se sont emparés de la ville et l’armée de la Première République française. Envoyé aider le lieutenant-colonel Elzéar-Auguste Cousin de Dommartin, blessé, le jeune capitaine Napoléon Bonaparte, réussit à s’attacher quelques premiers fidèles grâce à ses idées pour déloger les ennemis de la république, et à imposer ces dernières. Le 17 décembre, la ville sera libérée et quelques jours plus tard, Napoléon, blessé à la cuisse, sera promu général de brigade. Ses prochaines affectations victorieuses : les campagnes d’Italie et d’Egypte avant le Consulat.

La campagne de France et le front de l’est

Sacré empereur en 1804 et dominateur mais fragilisé en Europe, Napoléon 1er doit affronter en 1814 une alliance réunissant le Royaume-Uni de Grande-Bretagne et d’Irlande, l’Empire russe, le royaume de Prusse et l’empire d’Autriche, ce avec une armée de jeunes recrues inexpérimentées, les "Marie-Louise". Il est possible de revivre une partie de ses batailles qui se sont déroulées à l’est de Paris (qui sera prise le 31 mars, ce qui aboutira à son abdication et son premier exil vers l’Île d’Elbe).

Brienne (janvier 1814)
L’essentiel de la bataille se déroula dans et dans les alentours du château. De nombreux combats au corps-à-corps eurent lieu qui faillirent causer la perte à la fois de Blücher et de Napoléon ! Brienne est la ville où le jeune Napoléon a suivi l’essentiel de sa formation militaire. Un musée lui est consacré.

Champaubert (février 1814)
La bataille de Champaubert s’est déroulée le 10 février 18141 et s’est soldée par une victoire des troupes de Napoléon Ier, commandées par le maréchal Marmont, sur les Russes du général Olsoufiev.

Château-Thierry (février 1814)
Dans le cadre de la campagne des six jours, l’armée de Napoléon 1er poussa les Prussiens à se retirer jusqu’au plateau de Nesles, avant de les pourchasser sur la route menant à Château-Thierry. Les Français ne furent stoppés que grâce à l’artillerie prussienne. Avant la retraite, les Prussiens perdirent 1 250 hommes, les Russes 1 500, et les Français, 600.

La Rothière (février 1814)
La Rothière est un vaste champ de bataille opposant Napoléon et ses Marie-Louise et une armée prussienne de 170 000 hommes commandée par Gebhard von Blücher.

Craonne (mars 1814)
De part et d’autre du Chemin des Dames (devenu célèbre un siècle plus tard), cette bataille se termina par une victoire des armées françaises commandées par Napoléon Ier contre les armées russes et prussiennes du maréchal Blücher.

Laon (mars 1814)
Après la victoire de Craonne, Napoléon subit une lourde défaite à Laon. Les combats eurent lieu le 9 à Semilly et Clacy, au sud-ouest de la ville, à Leuilly, au sud, et sur la rampe d’Ardon, au pied de celle-ci. Surpris pendant la nuit, les troupes françaises durent pourchassées dans la plaine alentours, jusqu’à Clacy et Ardon où l’Empereur devra se résoudre à se replier.

Arcis-sur-Aube (mars 1814)
Cette bataille opposa Napoléon Ier et une armée autrichienne commandée par Schwarzenberg. Outre son génie tactique, Napoléon aurait galvanisé l’esprit combattant de ses troupes grâce à sa ses nerfs d’acier : voyant un obus exploser à ses pieds et son propre cheval tomber, il se serait relevé sans heurt au milieu de la fumée...


Voir aussi :
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LE VOL DE L’AIGLE - PAROURS DE NAPOLEON AU RETOUR D’ELBE

Poussé à l’abdication face aux offensives des Alliés durant la Campagne de France, Napoléon est exilé sur l’Île d’Elbe en avril 1814. En mars 1815, il décide de retourner en France pour reprendre le pouvoir. Sur sa route, les rangs de ses alliés grossiront peu à peu car les armées envoyées pour l’arrêter l’accueilleront en héros partout sur la route qui porte aujourd’hui son nom entre Golfe-Juan et Grenoble. Mais Napoléon ira jusqu’à Paris dans un parcours mythique surnommé le "Vol de l’Aigle" et qui le verra effectivement reprendre le pouvoir... pour cent jours seulement. Aujourd’hui, la Route nationale 85 est rebaptisée "route Napoléon". Voici comment suivre ses traces...

Golfe-Juan - C’est sur cette plage déserte, entre Antibes et Cannes, que Napoléon débarque le 1er mars en promettant le vol de l’Aigle de clocher en clocher jusqu’aux tours de Notre-Dame de Paris.
A visiter, non loin : le Musée Naval et Napoléonien d’Antibes, aménagé dans l’ancienne casemate de la batterie côtière du Graillon.

Cannes - Napoléon 1er et sa troupe bivouaque pour la nuit avant de prendre la route de Grasse.

Grasse - Arrivé à Grasse, Napoléon décide de prendre la route de la montagne, mais la colonne s’engage dans de mauvais chemins muletiers et s’arrête à Saint-Vallier, Escragnolles, et Séranon, après avoir passé le col de Valferrière (1169 m d’altitude) sous la neige.

Castellane - Après avoir passé le col de Luens (1054 m), la colonne descend sur Castellane par le pont du Roc, qui enjambe le Verdon depuis le quinzième siècle. Napoléon déjeune à la sous-préfecture en compagnie de quelques notables avant de reprendre la route du col des Lecques (1148 m) et de passer par Barrême où il reçoit un accueil enthousiaste et où ses troupes peuvent se reposer après une route terriblement épuisante.

Digne - Courte étape à Digne, nouveau déjeuner avec les notable avant de reprendre la route et de loger pour la nuit au château de Malijai, tandis que la troupe bivouaque dans le parc.

Gap - Le Vol de l’Aigle se poursuit à Gap, où la population locale l’acclame avec toujours plus d’enthousiasme. Napoléon dîne et passe la nuit à l’hôtel Marchand. Reconnaissant de l’accueil qui lui est réservé, il rédige à l’intention des habitants un message de remerciement.

Corps - Le lendemain, la troupe couche à Corps, en face du massif de l’Obiou, et Napoléon loge à l’hôtel du Palais dans la Grand’Rue.

Laffrey - C’est ici, au milieu d’une prairie non loin du village, qu’a lieu la rencontre célèbre entre la colonne menée par Napoléon et un bataillon du 5ème régiment d’infanterie de ligne venu les arrêter. Napoléon s’avança à portée de fusil et s’adressa aux soldats qui lui font face en leur demandant de le reconnaître comme leur Empereur : "S’il est parmi vous un soldat qui veuille tuer son Empereur, me voici", dira-t-il, obtenant des soldats qu’ils rejoignent sa troupe. A Brié, Napoléon est rallié par le 7ème régiment d’infanterie de ligne sous les ordres du colonel Charles Angélique François Huchet de La Bédoyère. ce dernier devient son aide de camp.

Grenoble - Napoléon entre triomphalement à Grenoble par la porte de Bonne à la tombée de la nuit le 7 mars 1815. Il est accueilli par des vivas et aux cris de « Vive l’Empereur ».

AUTRES SITE ET MONUMENTS REMARQUABLES

La-Roche-sur-Yon
Par décret impérial du 25 mai 1804, Napoléon Bonaparte alors premier consul de la République, transfère la préfecture de la Vendée de Fontenay-le-Comte à la Roche-sur-Yon. Cette dernière devient alors la "ville de Napoléon", une ville nouvelle dessinée notamment par les ingénieurs Cormier et Valot, avec un tracé géométrique en forme de pentagone, un maillage en forme de grille et une division en quatre quartiers. Certains travaux seront finis après la chute du Premier Empire, comme l’église Saint-Louis, commandée en 1804 et terminée en 1829.

La colonne de la Grande Armée près de Boulogne-sur-Mer
Napoléon Ier rassembla à Boulogne, en 1804, l’armée des côtes de l’Océan, qui devint la Grande Armée. La ville fut aussi le lieu de la première distribution de la Légion d’honneur. Un monument haut de 54 mètres, en hommage à Napoléon est érigé, œuvre de l’architecte Éloi Labarre. Une statue de Napoléon Bonaparte tournant le dos à la mer se trouve au sommet.

Le pont de pierre à Bordeaux
Conçu par les ingénieurs Claude Deschamps et Jean-Baptiste Basilide Billaude, le pont de pierre construit sur ordre de Napoléon Ier entre 1810 et 1822, a mobilisé pas moins de 4 000 ouvriers. D’une longueur de 487 mètres, il présente 17 arches construites sur 16 piles.

Le canal de Nantes à Brest
L’intérêt économique d’un canal de Nantes à Brest pour désenclaver le Centre-Bretagne est antérieur à Napoléon. Mais c’est l’Empereur qui, du fait du blocus de Brest par les Britanniques, décide de le faire construire afin d’approvisionner en vivres et munitions les arsenaux de Brest et Lorient avec Nantes et Saint-Malo. Le canal sera inauguré en 1858 par Napoléon III et l’Impératrice Eugénie sur le site de l’écluse maritime de "Guilly Glaz".